Parking gratuit de la Plagne où s'installent la plupart des saisonniers en camion

Nous venons de faire trois grosses journées de tournage à la Plagne. Le premier jour, nous avons suivi Pauline et Jasmin dans leur recherche de travail, de gaz, d’eau et d’amis. Nous les avons filmé marcher dans la station, prendre les œufs et se rendre à la « Maison des Saisonniers », située à Plagne-Centre. Ils se présentent à la réception où une femme blonde les accueille. Les offres d’emploi se comptent sur les doigts de la main. Les appartements destinés aux saisonniers se monnayent à plus de 1000 euros la semaine. La femme leur demande des CV qu’ils tapent sur place. Jasmin a beaucoup d’expérience dans tous les domaines (agricole, animation, cinéma, restauration), Pauline, elle, n’a que des expériences agricoles et une expérience de nettoyage après un incendie. Jasmin essaye d’engager un dialogue avec la femme qui finit par asséner face caméra tous les poncifs les plus violents à l’égard des saisonniers en camion. Pour résumer, ils sont affreux, sales et méchants, enchaînés à leurs cerbères de l’enfer.

Les mâles dominants du parking de la Plagne

Nous les accompagnons ensuite chez Jade, une de leurs amies, qui loge dans un appartement prêté par son patron, en collocation avec Mathieu, un saisonnier rencontré plus tôt dans le bus avec qui nous avions improvisé une conversation filmée. Les saisonniers en appartement permettent à ceux qui n’en ont pas de passer pour se réchauffer et prendre des douches.

Le lendemain matin, nous faisons des plans de la station, profitant du temps radieux. Les télésièges, les chalets, les pistes de ski. Nous retournons vite au campement où nous filmons une conversation entre filles dans le grand camion douillet de Saada et Aurélia. Elles parlent des chiots qu’elles tiennent dans leurs bras et du camion de Pauline qui est en rade.

Dehors, Dédé soigne la patte entaillée de sa chienne et Aurélia coupe une palette pour faire du bois de chauffage. A côté, leurs voisins de parking profitent du soleil assis sur des chaises pliables en buvant des coups. Ils ont un look de teufeurs et écoutent souvent du gros son. Ils ont un groupe électrogène auquel ils nous permettent à tous de nous relier moyennant une contribution. Après manger, les filles font de la musique et chantent du Boris Vian au son de l’accordéon d’Éponyne. « Fais-moi mal, Johnny, Johnny, Johnny, envoie-moi au ciel… ».

Pause musicale. De gauche à droite : Dédé, Éponyne, Aurélia, Jasmin et Pauline.

Jasmin reçoit un coup de fil : il est embauché comme plongeur remplaçant dans un restaurant. Nous le filmons qui se rase à l’extérieur avec un miroir et un rasoir de fortune.

Depuis que le soleil est tombé, il fait froid. Nous gelons. Nous courons nous réchauffer au camion. Nous ne sentons plus ni nos pieds ni nos mains. Gaz allumé, les pieds se réchauffent. Puis, nous partons nous ravitailler au SPAR et boire un coup au Monica’s.

Le troisième jour, nous filmons Jasmin se rendre à son nouveau travail à la « Grande Rochette », le resto le plus haut de la station. Fulvio, le patron, nous accueille gentiment et nous donne toutes les autorisations nécessaires au filmage. Avant que le service ne commence vraiment, nous filmons les montagnes disposées en arc de cercle tout autour de nous, ensevelies sous un épais manteau de neige et les vacanciers qui dévalent les pistes. Le domaine skiable est immense et s’étend jusqu’à l’horizon.

En cuisine, Jasmin se familiarise avec le grand lave-vaisselle carré qui trône dans la pièce destinée à la plonge. Pas loin, les cuisiniers espagnols lancent les fourneaux tandis qu’un commis à l’œil au beurre noir confectionne des centaines de tartiflettes.



Skieurs en haut des pistes