NOMAD'S LAND

Nomad's land est un espace de réflexion collectif autour du film éponyme de Gabrielle Culand, consacré aux jeunes nomades contemporains. Accompagnés de leurs chiens, ils parcourent la France au gré des saisons, à la fois ouvriers mobiles et utopistes libertaires. Pierre-Olivier Dittmar (chercheur en histoire, membre du collectif simple appareil), Arnaud Lambert (simple appareil), Maya Rosa (ingénieur du son) et Gabrielle Culand (réalisatrice), chacun à leur manière, échangent leurs idées sur la progression du film et vous invitent à partager votre point de vue.

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vendredi 4 décembre 2009

LES MILLE NOMADES

A partir du billet de Maya Rosa, simple appareil débat de la condition nomade.

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mardi 14 octobre 2008

MESSY


Pendant les repérages de l’été, j’ai rencontré Alexie et Arthur à Aurillac. Nous avons fait une interview d’eux sous un pont, où il venaient de planter une tente de fortune. Ils nous ont beaucoup parlé de leur village d’origine, Messy, où ils ont passé leur enfance à faire du skate et à se faire courser dans les champs de betteraves par les paysans. Nous y sommes donc allés pour les filmer. Messy est une commune de 1200 habitants, situé à 10 Km de l’aéroport Charles De Gaulle et à 35 minutes de la capitale :  une rue principale, quelques pavillons, le TGV qui passe à proximité et les avions sans cesse. Arthur et Alexie s’y sentent isolés. Les transports en commun y sont inexistants, et sans permis de conduire, les adolescents passent leur journée à boire et à fumer. Lorsque nous débarquons à Messy, le village est en alerte. Alexie, Arthur et leurs amis ont marqué les murs du centre ville de pochoirs à leur effigie et le maire a crée une cellule de crise.

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vendredi 26 septembre 2008

ANCETRES

1219. Un évêque s’insurge contre une jeunesse qu’il ne comprend pas…

Tout te manque : champ, cheval, maison, nourriture, argent, vêtement. L’année s’écoule. Tu es ennemi et tyran.
Tu es paresseux et lent. Le vent froid et violent te tourmente. Ta jeunesse heureuse s’est évanouie. Corps découvert, tu couches souvent sans toit sur un lit de terre ; et on entend résonner ton ventre vide. Je passe sous silence tes crimes cachés, tant de corps que d’âme.
Ni ville, ni campagne ne t’abritent, ni un hêtre dans son creux, ni rivage, ni mer. Vagabond, tu erres par le monde.
Tu fuis les baisers maternels comme la discipline paternelle. Tu sacrifies les biens éternels aux biens éphémères ; vil et méprisé, repoussé de père et de mère, nu et sale, tu plonges entier dans l’ordure. Comme un mendiant, bon à rien, tu vagabondes sur terre et sur mer.
Ta pensée folle s’élance de tout cotés sans gouvernail. Tu ne t’appliques qu’aux choses grossières… la raison enfouie. Apostat ! tu méprises les saintes doctrines, les paroles des anciens ; tu a gaspillé les dons divins, perdu le parfum des bonnes mœurs.
Pourquoi fais-tu des éloges et trompes-tu par tes chants, ferme ta bouche et cesse de te plaire à flatter.
Ta louange n’est qu’une mauvaise fraude. Refuse de louer les misérables. Tais-toi. Que ta muse ne nuise plus à personne.

Raymond de ROCOSEL (évêque de Lodève), Invectio contro goliardos.